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  • Le pape invite les prêtres pédophiles Irlandais à coopérer avec la justice
    Posté le Lundi 29 mars 2010 @ 14:34:00 par CPDH

    Société

    Dans une lettre à ses « frères et sœurs de l’Église d’Irlande », publiée le 20 mars 2010, Benoît XVI se dit « scandalisé et blessé » par les actes pédophiles de certains prêtres irlandais et affirme aux victimes dont la « confiance à été trahie » qu’il est « vraiment désolé ».

    Le pape demande aux prêtres et aux religieux coupables d’abus sexuels de répondre de leurs actes « devant Dieu » et « devant les tribunaux ».

    Benoît XVI y dénonce également les « graves erreurs » de certains évêques ayant couvert ces actes pendant des décennies pour protéger l’Église.

    © CATHOLICPRESSPHOTO
     
    Les « excuses »

    « En plusieurs occasions depuis mon élection au Siège de Pierre, explique aussi le pape, j’ai rencontré des victimes d’abus sexuels, de même que je suis disposé à le faire à l’avenir ». En voyage aux États-Unis et en Australie, en 2008, Benoît XVI avait ainsi rencontré à huis clos quelques victimes de prêtres et religieux pédophiles.

    S’il affirme dans cette lettre que « l’Église qui est en Irlande doit en premier lieu reconnaître […] les graves péchés commis contre des enfants sans défense », il affirme aussi que « le problème de l’abus des mineurs n’est pas propre à l’Irlande, ni à l’Église ».

    La trahison des prêtres

    « Aux prêtres qui ont abusé des enfants », Benoît XVI parle sans ambiguïté, affirmant qu’ils ont « perdu l’estime des personnes en Irlande » et « jeté la honte et le déshonneur » sur leurs « confrères ». « Vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents », affirme le souverain pontifie avant de les exhorter à « répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet ». « En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage à été perpétré contre l’Église et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse », écrit encore le pape.

    La responsabilité des évêques

    « On ne peut pas nier que certains d’entre vous et de vos prédécesseurs ont manqué, parfois gravement, dans l’application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d’abus commis sur les enfants », écrit en premier lieu le pape aux évêques, dont certains ont été accusé ces derniers mois d’avoir couverts les actes de prêtres pédophiles.

    « De graves erreurs furent commises en traitant les accusations », reconnaît le pape dans cette lettre, des « erreurs de jugement » comme des « manquements dans le gouvernement ». Le pape invite alors les évêques à continuer à « coopérer avec les autorités civiles ». À ses yeux, seule « une action ferme » menée « de manière pleinement honnête et transparente » pourra « rétablir le respect et l’affection des Irlandais envers l’Église ».

    Les différents facteurs

    Outre la « sécularisation » de la société et une mauvaise interprétation du « programme de renouveau du concile Vatican II », Benoît XVI pointe du doigt un certain nombre de facteurs déclenchants de cette crise, parmi lesquels « une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, visant à éviter les approches pénales à l’égard de situations canoniques irrégulières ». Il énumère d’autres facteurs que sont « des procédures inadéquates pour déterminer l’aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse, une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats . Il évoque également « une tendance dans la société à favoriser le clergé et d’autres figures d’autorité, ainsi qu’une préoccupation déplacée pour la réputation de l’Église et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur ».

    Visite apostolique

    Dans sa lettre, pour « affronter » cette situation, Benoît XVI propose des « initiatives concrètes » plus pastorales que politiques ou administratives, parmi lesquelles un plus grand engagement des fidèles dans « la prière », « le jeûne », ou « l’adoration eucharistique ». Le pape, cependant, annonce son intention de lancer « une visite apostolique dans plusieurs diocèses d’Irlande, ainsi que dans des séminaires et des congrégations religieuses ». C’est une enquête de ce type qui vient de prendre fin au sein de la congrégation des Légionnaires du Christ, en raison de la double vie de son fondateur, le Père mexicain
    Marcial Maciel.

    L’exemple de l’Eglise

    Plus largement, au fil de cette longue lettre, Benoît XVI invite les fidèles d’Irlande, mais aussi les évêques, les prêtres et les religieux, à retrouver « confiance », en vue de la « reconstruction » et du « renouveau » de l’Église.

    Affirmant par ailleurs que « l’Église a accompli un énorme travail dans de nombreuses régions du monde;» dès lors que « la gravité et l’extension du problème […] commença à être pleinement compris », Benoît XVI estime que « les pratiques de protection en vigueur, adoptées par les Églises locales, sont considérées, dans certaines parties du monde, comme un modèle à suivre pour les autres institutions ».

    Benoît XVI conclut cette missive inhabituelle qui porte la date du 19 mars 2010, fête de saint Joseph, par une « prière pour l’Église en Irlande » dans laquelle il revient sur « les erreurs du passé » et affirme la « ferme intention de repentir » des fidèles. Le pape y souhaite « un nouveau printemps » pour l’Église d’Irlande.

    À crises exceptionnelles, réponses exceptionnelles. C’est la deuxième fois de son pontificat que Benoît XVI prend ainsi sa plume. La première fois, en mars 2009, il avait
    écrit aux évêques du monde entier pour répondre à la crise suscitée à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Église par son choix de lever l’excommunication qui pesait sur quatre évêques lefebvristes, dont un avait auparavant tenu des propos négationnistes.

    Source : famillechretienne.fr - Le 20 Mars 2010

    « CPDH – 1238/03/10 »
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