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  • Mon Papa s'appelle Donneur
    Posté le Lundi 26 juillet 2010 @ 09:56:00 par CPDH

    BioéthiqueLa première génération née de don de sperme anonyme étant en âge de donner ses impressions et son avis sur la pratique, une étude comparative a été menée via Internet*. Elle révèle chez ces adultes dont les plus âgés ont 26 ans un mal-être supérieur à la moyenne et l’impérieux besoin de connaître l’identité de leur géniteur.

    Des bébés éprouvés

    A l’origine conçu pour permettre à des couples stériles de fonder une famille, le « marché de la fertilité » donne chaque année de 30 000 à 60 000 naissances aux seuls Etats-Unis, issues également de femmes seules ou en couple, en mal d’enfant, qui trouvent  dans les banques de sperme de quoi combler leur manque pour une somme abordable. Seront-ils surpris d’apprendre que leurs enfants, grandis, dans plus de la moitié des cas se sentent « victimes d’un préjudice » et « gênés par les circonstances qui ont présidé à [leur] conception« , parmi lesquelles l’argent de la transaction, choquant pour 42% d’entre eux (contre respectivement 24% et 21% des adoptés et des « classiques »)? Ou qu’ils sont deux fois plus que les autres sujets à la consommation de drogue et à la délinquance?

    Le nom du père

    L’étude américaine ne dit pas si les intéressés élevés en famille traditionnelle (avec père) sont autant touchés par l’angoisse que ceux qui ont grandi sans; ni s’il y a frustration de ne pas avoir été désiré par ses concepteurs, préalable supposé à l’équilibre affectif.

    Elle affirme en revanche que ces jeunes adultes se sentent « incompris » dans une proportion trois fois plus importante que le  groupe classique, et exigent pour 67% d’entre eux la levée du secret, jusque dans des manifs où leur t-shirt annonce : « My daddy’s name is Donor » (« Papa s’appelle Donneur »).

    Et si papa avait trop « donné »?

    Au-delà du malaise identitaire, l’opacité de leur filiation entrave aussi des relations sexuelles dont ils craignent le caractère incestueux, les dons anonymes n’étant pas limités par individu. Pour permettre aux futur(e)s candidat(e)s à l’insémination d’envisager les éventuelles conséquences de ce qui parfois n’est qu’un caprice, 19 recommandations viennent clore l’étude, parmi lesquelles la limitation des dons par personne, et la levée du secret. La moindre des marques de respect pour ceux que l’on jette désarmés dans une société déjà déboussolée.

    *Par Abt SRBI et l’Institute for american values auprès de 1687 adultes dont 485 conçus par don de sperme, 563 élevés par leurs parents biologiques, 562 adoptés.

    C/f Cryokid et Le Monde

    www.contre-dits.com

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